Amandine Mansoni, présidente de l’association Alliance de l’Espérance, raconte son accompagnement avec Coralie !

Nous partageons avec les associations des valeurs de responsabilité, d’éthique et d’authenticité. Nous avons à cœur de les accompagner. Souvent sur le terrain, elles n’ont pas toujours le réflexe de travailler sur une stratégie de communication. Pourtant, l’impact sur leur visibilité est conséquent. Amandine Mansoni, présidente de l’association Alliance de l’Espérance – qui accompagne les femmes en situation de prostitution vers la liberté – témoigne de sa collaboration avec Coralie.

  1. Qui es-tu ?

Je m’appelle Amandine Mansoni, je suis la présidente de l’association Alliance de l’Espérance qui accompagne les personnes en situation de prostitution. C’est une association dite abolitionniste : nous ne cautionnons pas la prostitution et nous luttons contre cela. L’association se trouve à Lyon et nous intervenons également sur la ville de Saint-Étienne (Loire), et au Péage-de-Roussillon (Isère).

Je suis lyonnaise, je connais très bien ces lieux de prostitution. J’ai toujours été très choquée de me demander comment nous pouvons y passer sans se dire qu’il y a un problème. Je suis une femme, cela m’a toujours interpellé de me dire que l’on peut acheter un acte sexuel. J’ai eu ensuite connaissance de l’association Alliance de l’Espérance, j’ai voulu m’y engager et je l’ai intégrée en 2012. J’en suis devenue la présidente en 2018.

 

  1. Que fais-tu ?

En tant que présidente, j’ai des missions de gestion, de coordination de l’ensemble des bénévoles et je suis également garante de l’accompagnement des femmes. Par rapport à leurs attentes, mais aussi conformément aux valeurs de l’association.

Au départ, l’association avait pour seule et unique activité le fait d’aller à la rencontre du public. Au fil des années, l’activité s’est étoffée, on a commencé à avoir des travailleurs sociaux parmi nos membres, j’en fais moi-même partie. Nous avons de plus en plus développé nos activités : l’activité principale reste toujours d’aller à la rencontre des femmes sur les lieux de prostitution. Mais nous avons aussi développé un volet d’accompagnement social : permanences d’accueil en journées, afin de pouvoir répondre à leurs besoins, en termes d’accompagnement administratif, de santé, de logement etc. Et un volet de sensibilisation du grand public : nous intervenons dans des lieux pour parler de la prostitution, ses réalités, ce que vivent les femmes qui en sont concernées.

L’association a été créée en 2009, officiellement reconnue en 2013. Des chrétiens américains, qui étaient en mission à Lyon ont été choqués de voir l’ampleur de la prostitution dans certains quartiers de la ville. Ils ont eu à cœur de faire quelque chose et l’association s’est constituée.  Elle se base sur des valeurs chrétiennes : aller vers les personnes, de les accueillir telles qu’elles sont et avec bienveillance, sans jugement. Nous accueillons toute personne, peu importe sa confession religieuse, nous sommes ouverts à toutes et à tous.

Sur une année, nous accompagnons aux alentours de 40 à 50 femmes. De la première rencontre dans les rues, à la partie accompagnement qui peut durer plusieurs années :  processus de sortie de prostitution, accès à un logement, à un emploi etc.

  1. Pourquoi as-tu fait appel à Coralie ? Quelles étaient tes problématiques de communication ?

Au commencement de l’association, la communication n’était pas une priorité pour nous. Notre priorité était d’abord d’accompagner le public et de comprendre : les règles dans ce monde de la prostitution, les clans, l’origine des personnes qui s’y trouvent. Un univers que nous ne connaissions pas du tout. Lorsque l’on a capitalisé de la connaissance, de l’expérience, on s’est rendu compte qu’au niveau de la communication il nous manquait quelque chose. Au début, lorsque nous allions aborder les femmes dans les rues, nous n’avions rien : simplement des gâteaux, du café. On a pu voir que parfois il y avait de la suspicion, de la méfiance.

Lorsque l’on a commencé à avoir des travailleurs sociaux dans l’association, on a clairement senti qu’il nous fallait des outils de communication. En France, les associations qui accompagnent ces personnes-là sont très peu nombreuses, il est donc essentiel d’avoir une visibilité claire. En 2018 lorsque je suis arrivée à la présidence, j’ai tout de suite souhaité que l’on ait des outils adaptés. Je fais aussi partie de la commission qui est en charge des sensibilisations auprès de groupes de jeunes, en conférences ou formations. J’avais besoin d’avoir des outils pour cela. On a commencé à structurer nos outils, jusqu’en 2020 où nous avons pris contact avec Coralie afin de faire un travail de fond sur la communication.

 

  1. Quelles actions ont été réalisées pour y répondre ?

Nous avons eu plusieurs temps de travail avec Coralie : d’abord avec moi, où elle me donnait le plan de travail que nous allions effectuer ensemble. Ensuite avec l’ensemble des membres du bureau pour prendre des décisions. Enfin avec l’ensemble des membres de l’association.  On a tenu à ce que chacun puisse réfléchir aux valeurs, choisir par exemple parmi les différentes propositions de logo que Coralie avait faites. Afin qu’il y ait une vraie appropriation de l’ensemble de l’équipe.

1) Nous avons travaillé sur l’identité de marque : les valeurs de l’association – Compassion, Espérance, Liberté – et sur la baseline qui représente bien notre mission auprès des femmes victimes de prostitution : «  Ensemble, vers la liberté ». Le logo a été retravaillé : jusqu’alors nous avions une image libre de droit où il était écrit « Alliance de l’Espérance » et c’était tout. Je voulais qu’il y ait un vrai travail, pour que l’on puisse y exprimer notre identité. On a fait ce travail avec Coralie, la graphiste et l’ensemble des membres de l’association. Notamment pour répondre à la question « quelles sont nos valeurs » lorsque l’on nous le demande. On a pu vraiment réfléchir en profondeur.

Nous souhaitions partir du logo que nous avions, de ce fait nous avons réfléchi avec Coralie à propos des éléments que nous souhaitions conserver (couleurs, univers). À partir de ces éléments-là elle a travaillé sur plusieurs propositions avec la graphiste. Avec les membres du bureau nous en avons sélectionné quelques-unes et ce sont ensuite les membres actifs qui ont choisi le logo que nous avons aujourd’hui :

Le logo représente une femme qui va de l’avant. On voulait vraiment symboliser la liberté de la femme : non entravée. La prostitution est une forme d’esclavage, pour nous il fallait vraiment qu’il y ait une dimension de liberté, symboliser une personne libre de toute entrave. Et il y a ce soleil que l’on voit à l’horizon qui représente le fait que la situation que cette femme vit au moment présent, reste le moment présent. Il y a un avenir bien différent qui l’attend. Elle n’est pas réduite à cette situation d’esclavage.

2) Nous avons créé un site internet : nous n’en avions pas du tout. Coralie m’a demandé ce que je souhaitais voir apparaitre sur le site et nous avons rédigé ensemble les textes. Elle a ensuite fait tout le travail de gestion de projet avec le développeur qui a créé le site. Une fois que cela a été fait, elle m’a demandé de lui dire ce qui me convenait ou non. Lorsque j’ai donné ma validation le site a été mis en ligne.

Le site internet a eu un impact sur les membres actifs de l’association : pour parler de ce qu’ils font plus simplement. On a reçu également beaucoup d’encouragements et de félicitations de nos membres sympathisants. Cela a été aussi très important pour le recrutement de nouveaux membres : le site a été créé en décembre dernier et nous avons eu plusieurs demandes de bénévoles par le biais du site pour intégrer l’association. Le pari de la visibilité a vraiment été gagné.

https://alliancedelesperance.org

3) Une page Facebook a été créée

4) Ainsi que des modèles de newsletter.

5) Pour nos actions de sensibilisation : nous avons réalisé un PowerPoint et créé un kakémono

6) Enfin, des flyers que nous distribuons aux femmes : on est arrivés à quelque chose de vraiment professionnel qui donne confiance. Nous les avons aussi déclinés pour notre communication avec les institutions.

Coralie nous a aussi montré comment nous organiser dans l’année à l’aide d’un calendrier de communication. Ce qui a été intéressant dans le travail que nous avons fait, c’est que Coralie a été plus loin que notre demande initiale. Le travail effectué ensemble va nous servir pour encore de nombreuses années à venir.

 

  1. Quel rôle les recommandations de Coralie ont joué dans la stratégie globale de communication ?

Lorsque l’on a fait ce travail sur la stratégie de communication, Coralie nous a accompagnés avec un SWOT et demandé de réfléchir concrètement à ce qu’était l’association. On ne s’était jamais vraiment posés pour se le dire.

Par ce travail, elle a pu mettre en mots tous les éléments qu’on lui avait apporté. Cela nous a permis de notre côté de nous rendre compte de la manière dont l’association avait évolué. Et d’atteindre un niveau de communication professionnel alors que nous sommes bénévoles et que nous avons tout appris sur le terrain. Grâce à ce travail, on se sent aussi beaucoup plus légitimes lorsque l’on va à la rencontre de partenaires institutionnels : des travailleurs sociaux d’autres associations, des directeurs d’associations, des services de mairie et des responsables de communautés.

Nous avons pris conscience de notre manière de présenter l’association : alors que l’on s’adressait à « toute personne en situation de prostitution », on s’est rendus compte que cette situation ne concerne presque que les femmes. Dans notre manière de nous présenter on dit désormais que l’on accompagne « les femmes en situation de prostitution ». On le savait mais on n’arrivait pas à se positionner dans nos présentations.

Le fait d’avoir une communication claire, nous amène à aller plus loin dans nos actions terrain et à en développer d’autres. Par exemple, cette année nous travaillons à l’achat d’un véhicule aménagé que nous souhaiterions utiliser lors de nos sorties. Nous avons déjà imaginé ce véhicule aux couleurs de l’association, avec notre logo. De ce fait, dans notre campagne de collecte de fonds, nous sommes beaucoup plus confiants car nous avons une communication claire auprès de nos éventuels donateurs, par notre site internet, notre page Facebook et nos flyers.

 

  1. Quelles sont actuellement tes actions de communication prioritaires ? Quels sont tes projets futurs ?

Dans les prochains mois, nous avons un projet de collecte de fonds pour financer notre véhicule aménagé. Nous voulons également travailler sur la consolidation de notre fonctionnement en communication. C’est-à-dire de bien maintenir ce qui est déjà en place : newsletter, actualités sur notre site internet. Également de créer de courtes vidéos.

Notre objectif à plus long terme est de pouvoir créer un lieu de vie pour pouvoir accueillir ces femmes que nous rencontrons dans la rue. À partir du moment où elles décident de quitter la prostitution, à chaque fois nous sommes confrontés à la problématique de l’absence d’hébergement. Sans hébergement, elles restent dans les réseaux de prostitution. Nous souhaiterions créer un lieu à l’écart, pour qu’elles puissent se ressourcer, se former et se réinsérer.

 

  1. Recommanderais-tu Yes for Comm ?

Je recommande vraiment Coralie. Elle a su comprendre notre demande qui n’était pas si claire que cela au début, notamment parce que l’on ne connaissait pas vraiment la communication. Elle a su tout de suite repérer nos besoins : lorsque je l’ai rencontrée, elle m’a donné des pistes d’améliorations qui correspondaient aux réflexions que l’on avait dans l’association. Elle est très perspicace, pour aller là où le besoin est.

Ce qui est intéressant dans le travail qu’elle propose, c’est qu’elle va au-delà, elle anticipe les besoins futurs. Elle nous a accompagnés sur un temps bien précis mais le travail effectué va nous servir dans les années à venir. Par exemple pour notre projet de véhicule aménagé ou de création de lieu de vie.

Elle est aussi très rigoureuse. Je n’ai eu aucun souci avec elle sur le respect des délais, sur la qualité du travail. Elle a été très pointilleuse pour que le rendu soit très professionnel. J’ai pu avoir des retours par exemple sur notre site internet, de personnes qui ne nous connaissaient pas et qui l’ont vu. Elles m’ont dit qu’il leur donnait une impression très professionnelle. Ce qui était vraiment un de nos objectifs.

Je suis très satisfaite. La communication ne faisait pas vraiment partie de notre culture de petite association, il a fallu mettre en confiance les membres du bureau. Dans le milieu associatif, on a tendance à penser qu’il faut être vraiment tournés vers les autres plutôt que de passer du temps sur ces questions, mais Coralie a su avoir le bon positionnement et trouver les mots qu’il faut pour convaincre. Elle a su s’adapter et c’est très important.