1. Bonjour Sébastien, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?
Dans la quarantaine, marié, trois enfants. J’ai commencé ma carrière professionnelle comme commercial au sein de deux grands groupes.
En 2012, pour mes 30 ans, j’ai rejoint en tant que directeur commercial une petite imprimerie parisienne, Accent Tonic, appartenant à la belle-famille de mon frère. Je suis devenu directeur général en 2016 et je l’ai quittée en 2019 pour m’associer avec une agence de communication à Versailles. Cette collaboration a duré jusqu’en septembre 2020, moment où mon associé a décidé d’y mettre fin.
Dans la foulée, j’ai créé l’agence Auneor, agence de communication, avec déjà à l’époque l’idée d’accompagner les entreprises vers une communication plus responsable et de réunir des entrepreneurs engagés.
En 2024, j’ai racheté une imprimerie dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, rebaptisée We Love Daring. En parallèle, au sein d’Auneor, nous avons lancé le premier groupe Pilote à Paris / Boulogne-Billancourt.
2. Tu te définis comme imprimeur responsable, quelle est la source de ton engagement ?
Tout cela répond avant tout à un besoin d’alignement avec mes valeurs personnelles. Je suis très sensible aux questions sociales et environnementales. En 2020, l’idée d’imprimer sur des supports réellement écoresponsables relevait davantage d’une posture que d’une réelle volonté de bien faire. Le papier recyclé le plus vendu était aussi le moins écologique du marché, car il était blanchi chimiquement.
3. Comment définis-tu l’imprimerie responsable, quels sont les grands principes à appliquer ?
À mon sens, il n’existe pas d’imprimerie réellement responsable. On la définit communément à travers des labels et/ou un discours marketing, mais selon moi, elle se caractérise avant tout par son ou sa chef/fe d’entreprise et par sa volonté de prendre en compte l’ensemble des paramètres : la durée de vie des supports, l’utilité et la quantité des documents, le type et le support d’impression, la localisation du producteur de papier, le conditionnement, la logique de transport et la gestion des déchets.
4. Quels sont les principaux enjeux concernant l’imprimerie aujourd’hui ?
Économique : comme beaucoup de secteurs, le marché de l’imprimerie est en souffrance. Les investissements sont très importants, tout comme les niveaux d’endettement.
Technologique : il y a très peu de R&D et, lorsqu’il existe des avancées technologiques intéressantes, elles sont souvent hors de portée de la majorité des acteurs.
Écologique : cela rejoint en partie le point précédent. Il reste encore beaucoup de progrès à faire pour que l’industrie devienne vertueuse. Il faut investir massivement dans la conception des machines, les encres et poudres, les supports grand format, et créer des circuits plus structurés pour la gestion des déchets.
5. Quelles questions les entreprises doivent-elles se poser avant d’imprimer ?
Je dirai que ce sont des questions de base et de bon sens :
- Quelle image veut-on véhiculer ?
- Pourquoi ?
- Pour qui ?
- Pour quel usage ?
- Quelle distribution ?
- Pour combien de temps ?
Quand on répond à ces questions avec l’optique d’imprimer uniquement ce qui est nécessaire et qui aura la plus longue durée de vie, on est déjà dans la durabilité et dans une manière responsable d’imprimer !
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