Yes vidéo : Crowdfunding, le nouveau moyen de financer votre projet

Pouvez-vous vous présenter ?

Nous sommes les associées de la marque Maison Uname.

Moi c’est Emmanuelle, je m’occupe de toute la partie communication, marketing, commerciale, relations clients et relations fournisseurs.

Je suis Élise, je m’occupe de tout ce qui est stylisme, création. Je dessine les collections, je choisis les matières, les couleurs, je fais les patronages et je m’occupe aussi de la relation avec les fournisseurs et les ateliers de confection. C’est vraiment des choses que l’on fait ensemble avec Emmanuelle.

Qu’est-ce Maison Uname ?

On est une marque de prêt-à-porter haut de gamme pour femmes, on propose des vêtements intemporels, des vêtements qui sont produits exclusivement dans le Nord de la France avec des matières qui viennent de France, Belgique et Allemagne, en majorité, on a aussi un petit peu de tissus qui viennent d’Italie.

Pourquoi avez-vous lancé une campagne de crowdfunding ? 

On a décidé de faire une campagne de crowdfunding pour nous permettre de financer nos prochaines collections. Parce que comme on est une petite marque, une nouvelle marque, on doit payer nos fournisseurs ainsi que nos ateliers de production comptant. Ce qui n’est pas évident, il faut toujours avoir un peu de trésorerie d’avance.

Comment s’est passée votre campagne de crowdfunding ? 

On a eu une collecte très importante dès le début. Le milieu, ça a stagné pendant un bon bout de temps, donc là on a eu le temps de se faire des frayeurs. Et puis à la fin, dernière ligne droite, et en fait je pense que nous on a redoublé d’efforts, mais je pense aussi que les contributeurs se disent : « ohlala j’ai oublié de participer, c’est vrai, ça va se clôturer, il faut absolument qu’elles atteignent leur objectif ». On est passées par plusieurs surprises, enfin en tout cas plusieurs sentiments pendant ces 35 jours.

Quelles difficultés avez-vous rencontré ? 

Je dirais aussi qu’on a rencontré plusieurs difficultés qui étaient aussi le fait de demander de l’argent à notre entourage, on n’était pas toujours à l’aise avec ça. C’est vrai que ce n’est pas toujours facile de « réclamer de l’argent ». Mais ils nous ont vraiment soutenues, ça s’est quand même vraiment bien passé globalement.

La seconde problématique qu’on a rencontrée c’était les différentes interprétations de la démarche de faire une campagne de crowdfunding selon les générations. Tout le monde n’avait pas du tout la même vision des choses, ça a pu choquer certaines personnes, d’autres pas du tout. Donc ça a été quelque chose qui n’a pas été évident pour nous.

Comment avez-vous fixé l’objectif de votre campagne ?

On s’est fixé un objectif dans notre campagne, on l’a fixé cet objectif au début quand on a fait notre prévisionnel pour la marque. On s’est dit voilà, dans notre prévisionnel on va avoir besoin de faire un prêt, besoin d’investir autant etc. Et on s’est dit : on va à un moment donné avoir besoin pour telle période d’avoir à nouveau de la trésorerie. En fait c’était assez en amont, ça s’est fait vraiment tout au début du projet. Donc on savait qu’à telle période on allait devoir faire cette campagne de crowdfunding.

Selon vous, qu’est-ce qui vous a permis de le dépasser ?

Ce qui nous a permis de dépasser la campagne, nous on pense que, déjà on en était très contentes parce que ce n’était pas une évidence. De remplir les 12 000 € c’était déjà énorme. En fait je pense que tout simplement, on a réussi à toucher quelques patrons d’entreprises, qui ont eu foi en nous, foi en notre projet et tout simplement qui voulaient soutenir des créateurs.

Quelle a été votre stratégie de communication ? 

Au niveau de la stratégie de communication, il y a plusieurs choses : il y a d’abord l’axe et le ton qu’on a voulu donner. On a parlé de manière très sincère, on parlait toujours en notre nom et parfois même avec nos mots. L’objectif c’était de montrer un duo, une marque. On parlait très souvent pour nous, pour la marque mais à travers Élise et Manue.

On a vraiment souhaité commencer par nos parents, nos amis, notre famille, vraiment notre cercle très proche pour que eux contribuent d’abord. Et qu’ensuite on puisse communiquer sur nos réseaux, qu’il y ait déjà une somme de départ et que cela donne plus envie de participer pour les autres.

Au niveau de la stratégie c’était aussi de diffuser le message au bon moment sur les bons réseaux. C’est-à-dire que pour LinkedIn c’est plutôt à cette heure-ci de la journée et plutôt tel jour de la semaine, sur Facebook c’est pareil.

On a utilisé les réseaux sociaux, essentiellement Facebook et LinkedIn, et qui étaient nos propres réseaux. Après beaucoup par e-mail pour toucher les amis de nos parents, nos familles etc., une génération qui est plutôt e-mails que réseaux sociaux.   Et enfin, on avait bien sûr identifié des prescripteurs, qui étaient quelques amis à nous et nos parents qui ont été vraiment relais de notre campagne tout au long. Ce n’était pas que nous qui parlions de notre campagne de crowdfunding mais 4 ou 5 amis très identifiés et des parents identifiés.

Une autre chose aussi qui a été dans la stratégie ça a été de sortir notre collection Automne-Hiver vers la fin de la campagne de crowdfunding. Parce que ça venait mettre un nouvel élément et donner envie aux derniers en disant « waouh, leur collection elle est top, j’aime bien, ça me donne aussi envie de participer ».

Comment décririez-vous le rythme de la campagne ?

C’est assez intense, c’est quelque chose déjà qu’on a non-stop dans la tête. Du matin au soir, on pense toujours à ça, on est toujours en train de vérifier si la cagnotte a augmenté, où ça en est, ah mince ça stagne.

Quelle organisation avez-vous mis en place ? 

Ce qu’on pourrait donner comme conseil, c’est de travailler sous forme de rétroplanning pendant la campagne. Après je ne sais pas, dans la vie de tous les jours de votre entreprise comment vous travaillez, nous on aime bien travailler comme ça et c’est vrai que, je pense que ça peut permettre d’avoir des moments consacrés spécialement à la campagne et d’autres moments vraiment fixés sur le travail pour ne pas tout mélanger.

Avez-vous été surprises pendant la campagne ? Par quoi ? 

Pendant notre campagne on a eu pas mal de surprises, on a eu des surprises par rapport à la générosité de nos proches déjà premièrement. Et en plus de ça, ce qui nous a énormément surprises toutes les deux c’était de voir qu’on avait aussi le soutien de notre réseau, par exemple des anciens amis, des connaissances qu’on n’a vraiment pas vues depuis très longtemps. Ça c’était de très belles surprises pour nous.

On s’est dit que c’était quand même très appréciable aussi de voir les personnes qui ont pu nous féliciter à la fin de notre campagne que ce soit les personnes qui ont contribué ou non. Donc de voir le nombre de personnes qui ont pu suivre notre campagne et nous féliciter.

Quel est l’impact de votre campagne sur la visibilité de la marque ?

De manière plus générale sur l’impact de la campagne sur la visibilité de notre marque et aussi sur le rapport de la consommation textile produite localement, c’est que bien sûr ça fait parler de nous. On a un peu plus de followers sur Instagram, sur Facebook etc. Ce n’est pas tant spécialement sur ça, mais je pense que les personnes ont pu voir aussi qu’il y a toujours une ambition de continuer à créer local. C’est-à-dire que les jeunes entrepreneurs ou les jeunes créateurs vont vraiment vers cette création locale. Et même de produire presque à la demande. Alors ce n’est pas vraiment à la demande, mais des petits stocks et une fois qu’on a liquidé ce petit stock on peut créer à nouveau etc. Je pense que les personnes sont aussi touchées en fait par cette dimension qui est quand même très locale, aussi bien dans la production que dans le tissage de nos tissus, leur provenance, puisqu’ils viennent de France, Belgique, Allemagne essentiellement.

La campagne vient de se terminer, comment vivez-vous “l’après campagne” ? 

La campagne vient de se terminer, nous la manière dont on vit l’après campagne c’est que déjà on est soulagées, on est contentes. Déjà quand on avait vu que l’objectif était atteint c’était super, alors quand on a vu à un jour près qu’on arrivait encore au-dessus on était trop contentes. Mais c’est vraiment un poids en moins, et on est hyper heureuses. On est plutôt dans la préparation des contreparties maintenant, c’est-à-dire qu’il faut préparer tout ça, tous les petits cadeaux. Mais au-delà de ça c’est surtout les remerciements. Déjà tout le long de la campagne on remerciait chaque personne individuellement, soit par un appel soit par texto, on trouvait ça important. Et ensuite on a envoyé l’e-mail de remerciements, sur Facebook aussi, sur nos réseaux. Donc il y a vraiment toute cette partie de remerciements et la partie préparation des contributions. Et bien sûr, en parallèle, continuer à travailler, ça fait une charge supplémentaire, donc il faut aussi la prévoir dans son rétroplanning parce que c’est aussi du temps pour après.

Pour découvrir Maison Uname et ses créations : https://maisonuname.com/